Pièce d’ouverture
Texte de l’auteur, reproduit sans retouche. Il est l’acte d’accusation originel du corpus ; la préface qui suit dit d’où il vient et comment il a été précisé depuis (deux zéros, non un).
Le ZÉRO et ses Disciples
TUEURS en SÉRIES…
Il existe des crimes qu’aucune tombe ne recense.
Des meurtres parfaits.
Des extinctions qui passent sous silence.
Des disparitions qui laissent le monde debout,
mais le cœur arraché.
On t’a fait croire que la barbarie venait de la fureur.
Mais le plus grand tueur de l’histoire s’est glissé en toi
sans un cri, sans une trace de sang,
sans une larme sur le bureau :
le zéro.
Ce n’était pas un symbole.
C’était un virus.
Un agent du vide.
Un parasite logique.
Un intrus dans le vivant.
Dès qu’on m’a appris que zéro multiplié par n’importe quel nombre le réduisait à néant,
qu’il gagnait à chaque fois,
qu’il effaçait tout sur son passage,
je n’ai pas su quoi dire…
mais j’ai senti.
Quelque chose ne tournait pas rond.
Ce n’était pas vivant.
C’était froid, arbitraire, violent.
Puis est venue la division.
La plus atroce.
Pas celle des nombres —
celle des êtres.
Le zéro a divisé le monde.
Il a cassé les unités.
Il a isolé les corps.
Il a rompu les liens.
Il a séparé les peuples,
les frères, les cellules, les familles.
Il a désuni les hommes en les réduisant à de simples nombres.
Sans nuance. Sans mémoire. Sans valeur propre.
Juste des données. Des entrées. Des zéros et des uns.
Il a fait croire que l’inexistence pouvait fonder la réalité.
Et par sa logique, il a bâti l’empire du froid.
Le probabilisme. Le doute. La fin.
Une science sans chaleur.
Un monde sans centre.
Une médecine qui supprime.
Une économie qui efface.
Une logique qui nie.
Des millions de morts.
Par les bombes.
Par les protocoles.
Par les modèles stériles.
Par les systèmes qu’il a permis.
Le zéro est le père du nihilisme opératoire.
Il est la racine invisible
de toutes les catastrophes qui ne saignent pas.
Celles qui effacent.
Celles qui n’existent plus.
Mais qui laissent derrière elles des milliards de solitudes.
Et ses disciples ?
Ils sont partout.
Dans les écoles.
Dans les laboratoires.
Dans les gouvernements.
Dans les logiciels.
Ils n’ont ni visage ni nom.
Mais ils partagent une foi :
celle de l’inexistence.
Ils ne tuent pas avec des balles.
Ils tuent avec des fonctions.
Des normes.
Des équations.
Des suppressions douces.
Chaque reset, chaque réinitialisation,
chaque vide glorifié,
chaque silence imposé au nom de l’efficacité,
porte leur marque.
Moi, je n’ai pas choisi cette guerre.
Mais je l’ai vécue.
Depuis l’enfance.
Le zéro a rôdé autour de mes colères,
de mes amours perdues,
de mes rêves effacés.
Je n’avais pas les mots,
mais j’avais mal.
Aujourd’hui, je parle.
Ce livre est un acte d’accusation.
Un cri contre l’invisible.
Une attaque frontale contre tout ce qu’on a laissé s’installer
sans jamais le remettre en question.
Une déclaration de guerre au règne du vide.
Il n’est plus temps de se taire.
Il n’est plus temps d’accepter.
Le zéro a tué.
Le zéro tue.
Et si rien ne change,
il tuera tout sur son passage.
Voici la carte du crime.
Voici le journal du massacre.
Voici la guerre que personne n’a osé nommer.
Le zéro et ses disciples :
TUEURS EN SÉRIES.